Portraits des membres du 5e collège du CNLE

Publié le | Temps de lecture : 8 minutes

Retrouvez sur cette page une série de vidéos « portraits » et les témoignages de membres du 5e collège du CNLE concernant leur expérience de « personnes concernées » par la pauvreté ou l’exclusion sociale, au sein de l’instance. 

3 questions à Bastien Corsini

Crédit : CNLE

Sur le plan personnel, cette participation m’a apporté avant tout de la confiance en moi et un sentiment d’utilité. Elle m’a permis d’être reconnu pour ma capacité d’analyse et de proposition, et non uniquement pour mon parcours de précarité. J’ai eu l’occasion de m’exprimer dans des espaces institutionnels importants, comme une table ronde au Sénat, une interview pour Le Monde ou la présentation de travaux sur l’impact social de la transition écologique durant une plénière du CNLE. Cela représente une forme de reconnaissance très forte. J’y ai aussi trouvé un collectif, au sein duquel se sont créés des liens d’amitié, au-delà des échanges de travail. Malgré la frustration liée à la faible prise en compte par le Gouvernement de certains travaux du CNLE, cette expérience m’a conforté dans l’idée que je suis un citoyen à part entière. À l’approche de la fin de mon second mandat, elle nourrit ma volonté de continuer à agir politiquement, autrement, dans l'esprit indépendant et non-partisan du CNLE, pour l’intérêt général.

Cette participation m’a permis de mieux comprendre comment se construisent les politiques publiques, et notamment le rôle central joué par les travaux de recherche et d’expertise. Elle m’a aussi fait prendre conscience du décalage important entre ces travaux, souvent pensés depuis Paris, et la réalité sociale d’un département rural comme le mien. Je ne m’attendais pas à un fossé aussi marqué entre les intentions affichées et leurs effets concrets sur le terrain. Cela m’a rendu à la fois plus compréhensif des contraintes institutionnelles et plus exigeant politiquement. J’ai compris que des politiques peuvent être cohérentes sur le papier mais produire de nouvelles difficultés si elles ne prennent pas en compte l’impact social réel. Cette expérience a renforcé ma conviction que les personnes concernées doivent être associées en amont des décisions, non comme témoins, mais comme acteurs à part entière.

Ma motivation première vient de mon propre parcours de précarité. J’ai connu concrètement ce que signifie vivre avec peu, dépendre de dispositifs, et être regardé avant tout comme « un pauvre » plutôt qu'en tant que citoyen. Cette stigmatisation permanente est ce qui m’a donné envie de m’engager : pour que les politiques publiques ne se construisent plus sur les personnes concernées, mais avec elles

Participer au 5e collège me permet de transformer une expérience personnelle difficile en parole politique utile. C’est aussi une manière de refuser l’invisibilisation des réalités vécues dans les territoires ruraux comme le Lot-et-Garonne, trop souvent absents des analyses nationales. Enfin, ma motivation est profondément politique au sens noble : contribuer à l’intérêt général en rappelant que la lutte contre la pauvreté est une question de justice sociale, de dignité et de démocratie.

Portrait de Fatouma Diop

Une vidéo du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)

« Des personnes concernées, membres du 5e collège, ont la parole »

Le 5e collège du CNLE regroupe 32 personnes en situation de précarité ou de pauvreté appelées « personnes concernées ». Elles représentent la moitié des membres du CNLE.

Portrait de Fatouma Diop , bénévole de l'association des Petits Frères des pauvres

« Bonjour, je m'appelle Fatouma Diop, j'ai 71 ans et je suis accompagnée par l'association des Petits Frères des pauvres. »

Qu'est-ce qui vous a motivé à siéger au CNLE ?

« D'abord, je ne connaissais pas l'existence du CNLE, je n'en avais aucune idée et le jour où l'association m'a proposé d'y sièger, j'ai un peu hésité. Je n'avais aucune idée de ce que c'était. Je me demandais, est-ce que je pourrais le faire ou pas ? Est-ce que je serais capable de le faire ? Finalement j'ai accepté, je l'ai fait et je ne regrette pas du tout. Je trouve d'ailleurs que ça m'a apporté un plus. J'étais à un moment difficile de ma vie, ce qu'on appelle d'habitude l'accident de la vie. J'étais un peu à la dérive là, ça m'a donné un coup de fouet. J'ai tout simplement remonté la pente parce que j'ai eu d'abord à rencontrer des gens de toutes les classes et à voir d'autres problèmes qui ne sont pas les miens et me rendre compte que dans la vie, il n'y a pas que mes problèmes. Il ya d'autres problèmes encore plus graves et beaucoup plus durs à supporter. Et puis le fait de rencontrer des gens et mon expérience à transmettre à des gens qui ont plus de problèmes, qui ont plus de difficultés, je trouve que ça m'a beaucoup motivé, non seulement à siéger mais à continuer. Là, je suis à mon troisième mandat, je ne le regrette pas. Toutes ces activités, la rencontre avec tous ces gens-là, ça m'a vraiment fait beaucoup de bien. »

Qu'est-ce que le CNLE représente pour vous ?

« Le CNLE, ça a été une découverte pour moi. Je vivais ma petite vie de vieille dame dans son petit coin, ça m'a ouvert à un monde auquel je ne pensais pas avoir accès un jour. Pour moi, c'était fini. J'ai travailler, j'ai pris ma retraite, mes enfants sontgrands donc c'est fini quoi. Et là, c'est une nouvelle vie, parce que là on renait. Il y a des réunions, on parle beaucoup des problèmes d'actualités, on essaie de trouver des solutions. C'est une renaissance pour moi, une renaissance alors que je me préparais à mener une vie de retraitée dans son petit coin et profiter de la vie. Là, ça m'a un peu donné l'occasion de ressortir, de rencontrer des gens, d'écouter les uns, d'essayer de conseiller les autres et ça c'est une nouvelle vie pour moi à cet âge-là. »

Portrait de Tsevan Marinov

Une vidéo du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)

« Des personnes concernées, membres du 5e collège, ont la parole »

Le 5e collège du CNLE regroupe 32 personnes en situation de précarité ou de pauvreté appelées « personnes concernées ». Elles représentent la moitié des membres du CNLE.

Portrait de Tsevan Marinov

Qu'est-ce qui vous a motivé à siéger au CNLE ?

« Parce que c'est la motivation qui va permettre d'aider les gens dans les quartiers populaires.
Je sais très bien que le CNLE se bat contre la pauvreté pour des gens qui sont en difficulté dans la vie sociale aujourd'hui.
Aider avec les idées pour avancer, pour qu'il y ait un changement de choses. »

Que vous apporte votre expérience au sein du CNLE ?

« Ça me rapporte de faire des connaissances avec des gens de l'organisme du CNLE et de faire plus de contact avec les gens qui sont le personnel d'un ministre. Ça m'aporte d'être fier de moi même avec mes propres idées, que je peux donner des pensées au CNLE.
Qu'est-ce que je vois avec ma propre expérience dans les quartiers populaires ? Les gens disent que ça ne va pas etc., il y a beaucoup de choses qui ne vont pas pour eux aujourd'hui. »

Qu'est-ce que le CNLE représente pour vous ?

« Le CNLE pour moi c'est un organisme qui se bat contre la pauvreté en France. Il veut aider les gens dans tous les sens, dans le social, qui sont en difficulté, au niveau du chômage, de tout ce qui est immigration. Aujourd'hui, il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans la société en France. Parce que quand on voit que ces gens souffrent, qu'ils sont en difficulté, ils ont besoin d'être dans la société comme tout le monde et qu'ils se sentent eux-mêmes vivants. Parce que quand ils sont vraiment dans la pauvreté, ils se sentent très mal ces gens. »

Logo République française, Liberté, Égalité, Fraternité
Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Portrait d'Hayat Abdelkader

Une vidéo du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)

« Des personnes concernées, membres du 5e collège, ont la parole »

Le 5e collège du CNLE regroupe 32 personnes en situation de précarité ou de pauvreté appelées « personnes concernées ». Elles représentent la moitié des membres du CNLE.

Portait d’Hayat Abdelkader

Hayat Abdelkader, bénévole de l’association La Cloche : « Bonjour, c’est Madame Abdelkader Hayat, bénévole à l’association La Cloche. Ce qui m’a motivée c’est ce que porte cette association et cette association qui porte les valeurs du « faire ensemble », de faire changer le regard des personnes à la rue dans la grande précarité et la pauvreté. »

Que vous apporte votre expérience au CNLE ?

Hayat Abdelkader : « Le CNLE m’a rendu la confiance en soi, pouvoir parler personnellement et aussi porter la parole de toutes les personnes dans la grande précarité, leur exposer les droits fondamentaux que peuvent exposer, et porter la voix des personnes et garantir les droits pour avoir accès à ces droits là. »

Que représente le CNLE pour vous ?

Hayat Abdelkader : « Le CNLE, c’est la mise en œuvre de la politique contre la pauvreté et l’exclusion sociale. »

Quelle est votre action au sein du CNLE ? 

Hayat Abdelkader : « C’est surtout porter la voix de tout ce qui touche les personnes dans la grande exclusion, dans la grande pauvreté, faire bouger les actions. »

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Portrait d'Olivier Baboulat

Une vidéo du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)

« Des personnes concernées, membres du 5e collège, ont la parole »

Le 5e collège du CNLE regroupe 32 personnes en situation de précarité ou de pauvreté appelées « personnes concernées ». Elles représentent la moitié des membres du CNLE.

Portait d'Olivier Baboula

« Je suis Olivier Baboula, j'étais anciennement chef d'entreprise, directeur de la restauration. J'ai eu un parcours de deux ans et demi d'hopital qui m'a fait tomber dans la précarité et ne plus avoir de maison. J'ai découvert la précarité en France donc je me suis engagé à la FSH (Fédération Santé et Habitat) et après j'ai rejoint le CRPA (Conseil régional des personnes accueillies) et le CNPA ( Conseil national des personnes accueillies) aussi. »

Qu'est-ce qui vous a motivé à siéger au CNLE ?

« J'ai rejoint le CNLE pour avoir toujours une plus grande vision sur la pauvreté. »

Que vous apporte votre expérience au sein du CNLE ?

« C'est une plus grande vision sur l'exclusion des gens que je dis toujours "invisibles", malheureusement. »

Que représente le CNLE pour vous ?

« Pour moi, à mes yeux, le CNLE c'est un pouvoir fort par rapport au Gouvernement, qui donne des avis au Gouvernement sur la réalité du terrain. Je prends un exemple, j'ai construit un projet avec la maire de Paris et je leur ai dit gentiment que nous, nous avons la théorie et la pratique parce qu'on est passé par là et on est au plus prés de ce public-là. »

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